Jeudi 12 Décembre 2019
  • Bienvenue sur Scribmagazine.net - Le Portail Culturel
  • Contactez-nous

Transition énergétique / Malgré  2700 heures  d'ensoleillement par an, la Côte d’Ivoire peine  à se mettre  à l’énergie solaire

 Que ce soit aussi bien  l’énergie solaire que  la biomasse, la Côte d’Ivoire  dispose  d’un important gisement   dont  une bonne exploitation devrait lui permettre  d’accroitre  la part de ces deux sources   d’énergie dans le mix-  énergétique ivoirien. Et pourtant… Dossier


  Selon  des experts, la  Côte d'Ivoire dispose du gisement de biomasse le plus important d'Afrique.  L'énergie biomasse est la forme d'énergie la plus ancienne utilisée par l'homme depuis la découverte du feu à la préhistoire. Cette énergie permet de fabriquer de l'électricité grâce à la chaleur dégagée par la combustion de ces matières (bois, végétaux, déchets agricoles, ordures ménagères organiques) ou du biogaz issu de la fermentation de ces matières, dans des centrales biomasses. « La Côte d'Ivoire a un très beau potentiel de biomasse. Ce pays  en a plus que tout autre pays en Afrique »,  révèle Mahama Kappiah, le directeur général du centre des énergies renouvelables de la Communauté économique des Etat de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). 

Quant à M.  Sabati Cissé,  le Directeur général de l’Energie  au ministère ivoirien  du Pétrole et de l’Energie,   ne dit pas le contraire quand il ajoute : «  Avec un potentiel de biomasse de 12 millions de tonnes par an, la Côte d'Ivoire bénéficie de 2700 heures de temps d'ensoleillement »( voir tableau)  Dans les détails,  des experts ajoutent que la durée d’ensoleillement  de la Côte d’Ivoire  varie entre 2 000 et 2 700 heures par an selon les régions.« Ces données suffisent à convaincre de l’existence d’un potentiel pouvant satisfaire largement les besoins énergétiques de la population, notamment rurale,  selon les technologies en place. On note que les régions du Nord et de l’Ouest sont mieux loties que celle du Sud dans laquelle le taux de couverture de l’électricité est élevé »ont  révélé   des experts  internationaux et autorités  nationales à la faveur d’un  panel, dans la mouvance du Forum investir en 2014.

 Un  potentiel indéniable  qui  n'attend que des projets bien formulés pour avoir des financements. Mais pourquoi les choses  trainent tant et qu’attend la Côte d’Ivoire pour mettre en  route sa transition énergétique ? De l’avis  du ministre de l'Environnement et du Développement durable, Rémi Allah-Kouadio, «  le gouvernement ivoirien prépare la transition énergique à travers la prise de mesures institutionnelles et règlementaires, notamment de nombreux projets de loi en cours d'adoption. Le secteur privé doit être le moteur de cette transition énergétique.    Le  gouvernement ivoirien veut atteindre en 2020, une part de 15% pour l'énergie renouvelables à base de biomasse » En attendant   de mette le cap sur  la barre  des 15% d’énergie renouvelable, dans l’offre énergétique ivoirien, il est à rappeler que  s’agissant du solaire,    très peu d’actions ont été menées jusqu’alors pour donner toute sa valeur à l’énergie solaire.

 En effet, les pouvoirs publics semblent réticents à créer un cadre réellement propice à son développement. Toutefois, des opérateurs économiques privés essaient, tant bien que mal, de valoriser l’énergie solaire en Côte d’Ivoire.   Dix à vingt ans en arrière, l’énergie solaire n’était qu’une vue de l’esprit, car les ivoiriens n’y avaient pas accès.  Seuls des ressortissants étrangers et quelques privilégiés pouvaient s’offrir le luxe d’un dispositif d’énergie solaire à domicile. Une raison simple à cela : cette énergie, dite renouvelable, était excessivement chère.  Il fallait débourser un minimum 5 à 10 millions Fcfa pour être équipé au solaire.

 Et les quelques sociétés qui faisaient la promotion du solaire en terre ivoirienne n’avaient guère d’audience.  Quel paradoxe  pour une Côte  d’Ivoire très ensoleillée ?    Toutes leurs démarches relatives à la baisse des prix des panneaux solaires, à la défiscalisation des équipements solaires, aux facilités d’accès pour l’installation par des entreprises spécialisées étaient sans issue.  La raison est bien connue, celle de la concurrence que le solaire était censée  relever  vis-à-vis de l’énergie électrique classique. Celle est fournie par les barrages hydro électriques, les centrales thermiques qui fonctionnent  au gaz  naturel. 

 La Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie) est en effet, depuis toujours, le seul acteur du marché à vendre de l’électricité aux ménages.   Depuis    quelques  années,  en tout cas,  depuis la fin  de la crise de 2011 et face à l’immensité des besoins en ressources énergétiques de qualité à coût compétitif,  les lignes semble t-ils commencent à bouger au niveau du gouvernement ivoirien.  Il  est  même annoncé une fin prochaine du monopole  sur la commercialisation  de l’électricité détenu par   de la Compagnie ivoirienne d’électricité,( Cie).   

 Pourquoi donner de la place au solaire ?

 Connaissant les nombreux avantages qu’offre le solaire, les décideurs ont toujours protégé leurs intérêts au détriment d’une source d’énergie qui viendrait résoudre plusieurs problèmes de développement. Pourtant, plusieurs localités du pays sont encore plongées dans l’obscurité et l’énergie solaire est une très bonne alternative.  Mais l’Etat ivoirien a montré quelque réticence à s’engager dans un soutien à cette alternative.

Fort heureusement, les choses ont progressivement évolué et l’on arrive aujourd’hui à un stade où le solaire commence, enfin, à rayonner quelque peu, et même si les pouvoirs publics n’ont pas véritablement évolué dans leur manière de voir, les acteurs du privé ne dorment pas sur leurs lauriers. A travers l’Association ivoirienne des énergies renouvelables (Aiener), le président Boraud Edi et ses pairs continuent de se battre pour que l’énergie solaire ait la place qu’il mérite.

Et les populations ivoiriennes, ont, elles aussi, commencé à répondre aux offres du solaire.  C’est plus qu’une nécessité pour les pays africains  qui bénéficient  d’une source intarissable  de soleil d’aller.    Les  experts  en  la matière   conviennent  de la nécessité  pour les  Etats africains d'aller aux sources d'énergies renouvelables, estimant que les énergies traditionnelles risquent de ne pas pouvoir répondre aux besoins d'une démographie galopante.

  Bamba Mafoumgbé


Commenter l'article