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« Sur les traces de mon père » ou quand le Professeur Sery Bailly fait des confidences pour édifier la Jeunesse ivoirienne

« Ma génération a eu ses limites et ses souffrances mais elle a su relever ses défis. Tel est le modeste message que je voudrais transmettre aux jeunes afin qu’ils sachent affronter leurs défis à eux.» (p. 17) Quand le professeur Séry Bailly écrit ces lignes précédentes, son projet littéraire est clair et précis : apprendre aux jeunes qu’avec de la Volonté et du Courage on peut arriver à construire sa Vie et la Réussir.

                    Dans un texte à l’écriture simple et avec un style de récit plaisant à la lecture, « Sur les traces de mon père », autobiographie en 11 chapitres et 163 pages publiée par les Editions Balafons en 2014, l’auteur relate des souvenirs de l’engagement syndical de son père, son engagement politique et son militantisme culturel.

Pour celui que beaucoup de ses pairs reconnaissent comme l’un des brillants intellectuels ivoiriens, le mérite de son livre est l’encouragement par l’effort à manifester un héroïsme ordinaire car, écrit-il « Il n’y a pas que le parcours des seuls élèves brillants qui soit exemplaire. J’ai été très moyen et je n’ai aucune honte à le dire. J’ai vu comment certains génies de ma génération ont peiné pour n’avoir pas compris que sans le travail, le génie est handicapé.  J’ai souffert et je suis un exemple de ce que le travail peut produire quand on n’est ni exceptionnel ni d’une famille riche. A l’école primaire, je me suis dit que si j’avais la chance de mettre les pieds au collège, je saurais la saisir et ne redoublerais jamais. Je ne sais plus où je l’ai prise, mais ma devise devint « Là où il y a de la volonté, il y a un chemin ». Pour être fort, le premier atout c’est la conscience de sa faiblesse. » (pp. 44-45). On y apprend également que l’auteur fut un condisciple des professeurs Alain Sissoko et Kouadio Jérémie au Collège d’Orientation de Treichville et du ministre Jean Jacques Béchio. Il raconte qu’en classe de 5ème 12, « La compétition y était si forte que l’un de nos condisciples, BA, était persuadé qu’il était devenu premier de la classe parce qu’il avait réussi à déjouer les fétiches de celui qu’il venait de détrôner. » (p.52)  

                    A l’université, disant non au MEECI (syndicat étudiant proche du parti unique PDCI), il adhère à un nouveau syndicat l’Union Syndicale des Etudiants et Elèves de Côte d’Ivoire (USEECI) et en devient le secrétaire à l’organisation dans la section de l’université nationale d’alors. De son rapport à l’engagement politique, syndical et culturel l’auteur nous livre ses analyses et ses choix personnels qui permettent aussi de comprendre sa trajectoire intellectuelle actuelle. A partir de sa propre vie et de son expérience l’auteur propose quelques pistes de réflexions et d’ébauches de solutions aux problématiques culturels et politiques qui aideront son pays à mieux vivre. Il écrit ceci « Le sens de la liberté est venu pour moi d’abord de mon statut d’orphelin de mère, de fils de syndicaliste pauvre mais engagé, ensuite de l’amitié d’enfants formidables et doués, de camarades généreux et fidèles, d’aînés exigeants envers d’eux-mêmes et envers moi. Tout cela, si on ne peut le chanter parce qu’on n’en pas le don, il faut pouvoir l’écrire pour dire merci. » (p.160). Mais son message principal réside dans ces dernières lignes de son livre : « chacun de nous doit aller jusqu’au bout de ce qu’il est, de ce qu’il peut être, et de ce qu’il veut être. Tout le monde ne devient pas montagne. Mais nous sommes tous appelés à grimper au sommet de la montagne (pp. 162-163) Belle leçon de vie !

 

SERY Bailly, Sur les traces de mon père, Abidjan, Les Editions Balafons, 2014, 163 p.

SOSSIEHI Roche


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