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EDUCATION / Paul Gnelou, Président de l’Internationale de l’Education Section Côte d’Ivoire : « La privatisation de l’éducation en Côte d’Ivoire est une réalité »

Paul Gnelou, Président de l’Internationale de l’Education Section Côte d’Ivoire entend sensibiliser les acteurs du système éducatif ivoirien sur les dangers de la privatisation et de la marchandisation de l'éducation en Côte d'Ivoire grâce à ce rapport alarmant.

 

« Etude sur la privatisation de l’école en Côte d’Ivoire » Tel est l’intitulé du rapport dont les résultats ont été présentés le vendredi 5 avril 2019 à  la salle de conférence du Conseil National de l’Ordre des Architectes. La présentation de cette importante étude sur la privatisation et la marchandisation de l’éducation en Côte d’Ivoire a permis de mettre à hauteur d’yeux la face cachée de l’iceberg des écoles privées ivoiriennes du primaire et du secondaire. Cette étude réalisée grâce à l’appui de l’Internationale de l’Education permettra sans doute aux acteurs du système éducatifs ivoirien et aux populations de prendre conscience du phénomène de la marchandisation de l’éducation et des problèmes inhérents à cette réalité. Scrib Magazine a donc essayé d’en savoir plus en ouvrant ses pages à monsieur Gnelou Paul, « syndicaliste professionnel » d’une très grande expérience, Secrétaire Général du Syndicat National des Enseignants du Primaire Public de Côte d’Ivoire mais surtout Président de l’Internationale de l’Education Section Côte d’Ivoire. Entretien.

 

Comment ce projet de recherche et d’étude sur la privatisation de l’éducation en Côte d’ivoire a-t-il vu le jour ?

Ce projet est l’initiative de l’Internationale de l’Education (IE), la voix mondiale des professionnels de l’enseignement. Cette faîtière qui regroupe 32 millions d’adhérents avec 400 organisations membres, considère l’éducation comme un droit humain et un bien public ne devant en aucun cas faire l’objet de commercialisation. Or depuis quelques années, l’on assiste à une expansion rapide des écoles privées à tous les niveaux du système éducatif dans le monde et surtout dans les pays africains. Face à ce phénomène qui constitue une menace pour le système éducatif, l’IE lors de son 7ème congrès mondial tenu à Ottawa en 2015, a résolu du besoin d’une réponse globale. C’est dans ce cadre que sur proposition du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation (CSFEF),la Côte d’Ivoire, seul pays francophone a été choisie pour cette étude commanditée par l’IE. L’étude conduite par Docteur Claude Koutou, Enseignant Chercheur à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, a commencé en 2016 avec le concours des six syndicats affiliés à l’IE en Côte d’Ivoire regroupés au sein de l’Internationale de l’Education Section Côte d’Ivoire (IESCI) à savoir : Le Syndicat National de l’Enseignement Primaire Public de Côte d’Ivoire (SNEPPCI) ; le syndicat National des Enseignants du Second Degré de Côte d’Ivoire (SYNESCI) ; le syndicat National des Enseignants d’Education Permanente de Côte d’Ivoire (SYNADEEPCI) ; la Centrale Professionnelle de l’Enseignement de Côte d’Ivoire (CEPENS-CI) ; la Coordination Nationale des Enseignants et Chercheurs (CNEC) de Côte d’Ivoire  et le Syndicat National des Formateurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle de Côte d’Ivoire (SYNAFETPCI).

 

Quels commentaires faites-vous sur ce rapport présenté le vendredi dernier ?

A la lumière des résultats du rapport de la recherche présentés par Dr Claude Koutou, je note que la privatisation de l’éducation en Côte d’Ivoire est une réalité. Il y a plus d’écoles privées que d’écoles publiques dans notre système éducatif. Et la plupart de ces établissements privés présentent de nombreuses faiblesses qui impactent négativement la qualité de l’éducation,  Ce rapport met également en évidence, la responsabilité de l’Etatquianon seulement concédé aux acteurs du privés la construction d’écoles, mais qui finance certains établissements privés par l’octroi de subventions chaque année. En outre, le fonctionnement des établissements privés échappe en grande partie à la Direction de l’Encadrement des Etablissements Privés (DEEP),qui est unorgane de régulation du système éducatif dans le privé.

 

Le rapport produit par Dr Claude Koutou a révélé de graves dysfonctionnements dans le système éducatif ivoirien, mais il a insisté sur une sensibilisation pour un changement réel. Comment vous allez réussir cette campagne de sensibilisation ?

Effectivement dans son rapport Docteur Claude Koutou a révélé de graves dysfonctionnements préjudiciables à notre système éducatif. Mais en même temps, il a fait de nombreuses recommandations en direction des différents acteurs du système, notamment le gouvernement, les OGN, les syndicats, les parents d’élèves etc. Pour donc réussir la campagne de sensibilisation il faut une synergie d’actions. En ce qui nous concerne, en tant qu’organisation d’enseignants du public, notre engagement est plus que déterminant parce qu’il y va de la survie de notre corporation. Aussi, les syndicats regroupés au sein l’IESCI ont-ils jeté les bases de la sensibilisation depuis le lancement de la recherche en 2016 à travers plusieurs actions, notamment les conférences de presse, les tournées régionales de sensibilisation, les interviews, les émissions débats etc. Après le lancement du rapport final de la recherche, nous allons poursuivre nos différentes actions en commençant par la mobilisation de tous nos membres autour de la question, puis en définissant les stratégies de campagnes à mettre en œuvre.

 

Comment ce rapport pourrait contribuer à améliorer le système éducatif ivoirien.

Ce rapport est un précieux outil d’investigation et de propositions de solutions à travers les recommandations. Je pense que si chaque acteur met en œuvre ces différentes recommandations, surtout si l’Etat, principal prestataire des services d’éducation publique, réoriente ses investissements, le système éducatif retrouverait son lustre d’antan.

 

Interview réalisée par SOSSIEHI Roche-Fabrice


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