Jeudi 12 Décembre 2019
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AWABA : « La femme africaine doit se battre pour être heureuse et épanouies… »

Diplômé en Publicité-Marketing, Awaba a été mannequin puis concepteur-rédacteur dans une agence de communication. Actuellement Directrice de la communication dans un groupe panafricain d’assurances, elle ne se prive pas de vivre sa passion pour l’écriture. Elle déjà auteure de deux recueils de nouvelles : « Affres, hics d’aujourd’hui » (2012) et « Des femmes et d’omelettes » (2016). C’est ce jeune talent de la littérature africaine que nous avons voulu interroger sur sa passion et d’autres sujets. Entretien.

Pourquoi Awaba dévient écrivaine ?

 

Etre écrivaine n’a pas été un nouveau métier pour moi. Cela a plutôt été une continuité. Parce que mon premier métier a été la conception-rédaction qui est un métier publicitaire qui consiste à concevoir des campagnes publicitaires et à rédiger les synopsis télé, radio, les annonces pour la presse etc. c’est vraiment de l’écriture mais publicitaire. C’est de là qu’est né cet amour pour l’écriture. Et en fonction des responsabilités que j’ai acquise je n’ai plus eu la charge de faire la conception-rédaction. Donc cela me manquait vraiment parce que j’avais cette imagination que j’avais envie de retranscrire mais d’une manière pérenne. L’idée m’est venue d’écrire un livre.

Comment Awaba passe-t-elle à cet amour pour l’écriture à l’idée de mener une vie publique d’écrivain proprement dit ?

Il faut dire que je ne savais pas si j’étais douée pour l’écriture ou pas puisque je ne faisais que de la publicité. Quand j’ai écrit et publié mon recueil de nouvelles je me suis que j’allais voir avec les professionnels du milieu de l’écriture. J’ai donc remis mes manuscrits à mon éditeur, à Isaïe Biton Koulibaly qui est une référence dans la nouvelle, il en a écrit le plus en Côte d’Ivoire. Je me suis donc dit si ce dernier donnait son accord cela signifierait que j’ai un certain talent et une aptitude dans ce genre. C’est la raison qui m’a poussé à continuer en plus du bon retour de certains lecteurs et proches. Je me suis encouragé à continuer et à ne pas m’arrêter là. J’ai donc appris le métier en côtoyant d’autres écrivains, des éditeurs, des libraires aussi pour comprendre un peu mieux le milieu. Cela me passionne beaucoup.

Votre premier livre est intitulé « Affres, hics d’aujourd’hui » (Afrique d’aujourd’hui) publié chez NEI en 2013,  le second Des femmes et des omelettes, sorti en 2016 chez Tabala Editions. A travers ses deux livres on remarque que vous êtes femme d’abord, écrivaine ensuite. Comment vous est venue cette inspiration ?

C’est surtout dans le premier recueil que j’invite à un voyage en Afrique. Parce que non seulement j’avais envie de parler des affres et des hics, mais j’avais surtout envie de parler de l’Afrique avec son optimisme, ses valeurs qui résistent malgré tous les problèmes qu’ont vit nous sommes toujours très positifs. J’ai mis cette attitude en avant en adoptant le langage utilisé dans chaque pays. Des spécificités linguistiques comme le nouchi en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, au Niger etc. Dans ce sont toujours des thèmes de société que j’aborde également dans un recueil de nouvelles pas forcément en Afrique mais de manière universelle. Je crois que les problèmes sociaux africains sont généralement les mêmes partout. Il y a néanmoins des pays très marqués par la religion où on remarque des faits spécifiques. Je traite donc des questions de la drogue, de l’homosexualité, de l’adultère, des violences conjugales, de la polygamie, l’excision. Ce sont des thèmes qui nous touchent tous dans notre quotidien.

Êtes-vous féministe ? Comment vous le concevez ?

Je ne pense pas que je sois féministe. En tout cas dans ma conception du féminisme c’est défendre à tous prix ce que les femmes pensent sans forcément être très objectif. Mais je tiens beaucoup au respect des femmes et je trouve que c’est beaucoup plus difficile pour les femmes tant sur le plan professionnel et social même au quotidien ce qui m’oblige en tant que femme d’être beaucoup plus forte parce que je vois les difficultés que je traverse comme d’autres femmes. Par exemple sur le plan professionnel, lorsque vous êtes femme et jeune vous n’êtes pas toujours  crédible. Quand vous présentez un argumentaire qui est plausible, ce n’est pas considéré, mais quand un homme viendra avec le même argumentaire mêmes quelques jours plus tard on l’écoute et on valide. Cela oblige chaque fois à être plus teigneuse. Et de se battre vraiment.

Pensez-vous que la plume peut être un moyen de combat contre ces clichés ? Ces stéréotypes ?

D’abord, je pense que l’écriture est un exutoire pour un écrivain. Un écrivain me disait une fois qu’il fallait que l’écriture soit engagée. C’est-à-dire que l’on devrait avoir toujours une prise de position dans ses écrits. Je ne sais si cela est vraiment mon cas. Vrai ou faux mais beaucoup de personnes utilisent l’art pour dénoncer, conscientiser, moraliser. Pour moi la plume est avant tout un outil qui porte.

A votre avis quelles devraient être les priorités des femmes africaines d’aujourd’hui ?

Déjà essayer de se battre pour être heureuses et épanouies. Surtout posez des actes pour marquer positivement leur  époque. C’est facile de dire je dois trouver un mari, faire des enfants, travailler et me contenter juste de cela. Je ne pense que chacune à son rôle à jouer sur cette terre. Il est important de trouver sa voie et se forcer à ne pas vivre pour rien et ne pas vivre juste pour soi uniquement. Il faut vivre pour soi certes en essayant d’être heureuse mais surtout chercher à influencer un peu son entourage.


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