Jeudi 12 Décembre 2019
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Avenir du Franc CFA/Amadou Ba (ministre sénégalais de l’Economie): «Notre appartenance au FCFA nous a apporté beaucoup»

Alors que de nombreux pays de la zone CFA ont actuellement des problèmes budgétaires, frappés en plein fouet par un ralentissement de l’activité économique et la baisse des cours des matières premières, les autorités en charge de la gestion de cette monnaie communautaire sont catégoriques : le FCFA se porte bien.

Le débat autour du FCFA suscite encore des réactions. Les ministres des Finances, les gouverneurs des Banques centrales et les présidents des institutions régionales de la Zone Franc qui se sont réunis, les 13 et 14 avril 2017 à Abidjan, ont tranché. Pour eux, pas question d’abandonner la monnaie communautaire, le Franc CFA qui, selon le ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, a apporté beaucoup aux pays qui ont en partage cette monnaie.

«Le FCFA est une association dans laquelle nous nous sentons libres. Notre appartenance au FCFA nous apporté beaucoup (…) Assez souvent, on accuse la France à tort. Je ne vois pas dans la gestion du FCFA un intervention quelconque de la France», a indiqué Amadou Ba.

A l’en croire, il est important pour les pays africains de se «définir par rapport à une monnaie de référence» comme le FCFA. D’autant plus que les économies africaines restent vulnérables aux chocs. Raison pour laquelle, les parties prenantes à cette rencontre ont réitéré leur engagement à œuvrer pour le développement de cette initiative et à mettre en œuvre des politiques économiques soutenables au bénéfice des populations.

Elles ont par ailleurs, souligné la nécessité de poursuivre la mise en œuvre des mesures permettant de renforcer l’intégration régionale et monétaire, facteur de résilience et de solidarité des Etats de la Zone Franc face aux chocs exogènes et endogènes. S’agissant du recours aux marchés financiers internationaux, les participants ont opté pour une approche globale de leurs stratégies en se fixant plusieurs principes.

Il s’agit entre autres de la préservation d’une trajectoire soutenable d’endettement, la transparence dans le cadre des analyses de viabilité de la dette, le dialogue régulier avec les créanciers souverains et les institutions financières internationales, l’équilibre du recours aux différents types d’instruments de dette, le renforcement des capacités de gestion des émissions obligataires, et enfin le caractère régulier du partage d’expérience notamment lors des réunions semestrielles des ministres de la Zone Franc.

Selon le ministre français de l’Economie, Michel Sapin, aucun pays membre de la zone Franc n’a exprimé une quelconque volonté de se soustraire de cette monnaie.

La France accusée à tort

«Sur la question du FCFA, je n’ai rien à ajouter à ce que pensent les Africains eux-mêmes. C’est un choix de souveraineté fait par les Africains eux-mêmes. Si des propositions doivent être faites, elles doivent être faites par les Africains eux-mêmes ; pas par la France. Ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent décider», a-t-il clarifié. A l’en croire, la France est là pour garantir la convertibilité de la monnaie.

«Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là, c’est aux Africains de se prononcer et ce n’est pas à nous de le faire à leur place», a poursuivi Michel Sapin. Cette rencontre s’est tenue en présence de Adama Koné, ministre ivoirien de l’Economie et des Finances et ses homologues français, sénégalais, congolais et comorien ; respectivement Michel Sapin, Amadou Ba, Calixte Ganongo et Younoussa Imani.

Les Gouverneurs de la Banque centrale de France, François Villeroy De Galhau, celui de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Koné, et de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli, étaient également présents. Ils ont tous partagé l’avis du chef de l’Etat ivoirien et président en exercice de l’UEMOA, Alassane Ouattara, qui a clairement pris position en faveur du maintien du FCFA, lors du sommet extraordinaire de l’UEMOA, à Abidjan.

Ben Ayoub


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